Projet pédagogique

Ce projet éducatif de référence se veut le guide de tous les adultes qui, aux Petits Lardons, se trouvent en contact avec les enfants.

 

Il a été rédigé en s’inspirant du projet initial de la crèche (1994), qui a été très largement repensé et remanié, et par l’équipe professionnelle de la crèche –consultée tout au long du travail, et représentée par le responsable technique–, et par le parent en charge de la commission pédagogie (lui-même ayant pu consulter l’ensemble des parents), tous ensemble travaillant de façon conjointe, et sur une longue période (plusieurs mois).

 

Ce projet, qui résulte donc d’un large consensus et d’une importante réflexion, est amendable et est le projet de tous. C’est-à-dire qu’il est de la responsabilité de tous – parents, professionnels – de le respecter, de le faire respecter et de le faire évoluer.

Après un aperçu des objectifs principaux de la crèche vis à vis des enfants, il a été adopté le plan suivant :

 

 

OBJECTIFS GENERAUX

  • Favoriser l’éveil de l’enfant et sa capacité à faire seul, dans le bien-être.
  • Permettre à l’enfant d’acquérir des règles de vie en groupe, tout en respectant son individualité.
  • Permettre aux parents une implication réelle dans l’éducation de leur enfant, avec la présence de professionnels qualifiés.

 

1. L’aménagement de l’espace :

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Les différents espaces de la crèche ont été aménagés dans le but d’offrir aux enfants un milieu riche en expérimentation mais suffisamment sécurisant et sécurisé, un espace également assez grand et modulable pour permettre l’existence de plusieurs activités différentes simultanément.

 

Cet aménagement s’articule autour de plusieurs idées fortes :

  • Permettre aux bébés d’avoir un espace à eux, adapté aux différentes tâches de soins, de sommeil et de jeux.
  • Offrir la possibilité aux bébés qui commencent à se déplacer seul de pouvoir aller explorer d’autres terrains en sécurité.
  • Permettre aux moyens et aux grands de jouer dans des espaces aménagés (coin voiture, coin poupées, parcours moteur etc.)
  • Assurer aux enfants la possibilité de faire la sieste dans de bonnes conditions.
  • Leur offrir un espace pour déjeuner et pour goûter, adapté à leur âge, en privilégiant les petites tablées.

 

- Certains espaces ont été volontairement laissés libres. C’est l’adulte qui les aménage en fonction de ce qu’il veut proposer aux enfants.

- Les activités sont toujours délimitées dans l’espace, à la fois pour éviter la dispersion mais aussi pour la sécurité des enfants, notamment pour certaines activités qui imposent un regard de l’adulte. L’enfant peut ainsi mieux repérer les différentes composantes de chaque activité.

- Certains jeux, essentiels à cet âge, demandent un aménagement spécial. C’est le cas de la peinture, des jeux d’eau, du toboggan.

 

Les enfants sont libres de leurs mouvements, mais protégés des dangers. L'adulte ne fait que placer l'enfant dans des situations qui correspondent à son âge et à son envie, met du matériel à sa portée, respecte le rythme de ses acquisitions motrices et l'aide à prendre conscience de ses accomplissements. Les enfants doivent pouvoir passer d’un jeu libre à une activité plus dirigée, et réciproquement ; ne rien faire, s’ils en ont envie ; se réfugier dans les bras d’un adulte, quand ils en ont besoin.

 

2. Les activités proposées – généralités :

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Dans les diverses propositions de jeux que nous offrons aux enfants de la crèche, plusieurs objectifs sont recherchés. Voici les principaux points qu’il est indispensable de comprendre et de garder à l’esprit.

 

Le jeu est source de plaisir

Un enfant s’intéresse à une activité d’abord parce qu’il éprouve du plaisir à manipuler, à réfléchir, à expérimenter. C’est cette sensation de plaisir qui lui fait recommencer une expérience pour, petit à petit, élaborer une connaissance. Quand un effet est perçu (le doigt qui s’enfonce dans la pâte à pain) cet effet est d’abord une sensation nerveuse. Cette sensation devient ensuite sensation affective (j’aime ou j’aime pas). Il fait des expériences qu’il enregistre et à partir desquelles il peut ensuite faire des projets.

 

Dépenser son énergie

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L’enfant est porteur d’énergie. Les désirs très divers qu’il ressent mobilisent cette énergie. Certains passages à l’acte ne sont pas possibles, il est important alors que l’enfant puisse investir l’énergie mobilisée dans un acte sublimé. Sinon il y a risque de réactions impulsives, d’inhibition ou, plus grave, de réactions psychosomatiques, l’enfant investissant alors son énergie de façon destructrice. Ce sont les activités proposées ou qu’il va créer lui-même qui vont lui permettre de passer à l’acte de façon symbolique et d’utiliser son énergie de façon constructive.

L ‘enfant doit pouvoir aussi exprimer de façon symbolique dans les activités des difficultés qu’il ressent, sans que nous ayons à entrer dans quelques interprétations que ce soit, l’important étant qu’il les exprime.

 

Elargir son champ d’expérience.

La crèche propose aux enfants un milieu d’expérimentation et des aménagements d’espace différents de ceux qu’ils connaissent dans leur milieu familial.

Pour qu’ils expérimentent toutes ces choses nouvelles à leur rythme et selon leurs désirs, il convient de :

  • Permettre la libre circulation des enfants dans tous les espaces. C’est à eux de gérer, peu à peu, leur temps, en fonction de ce qui les attire.
  • Veiller à ce que tous les enfants soient concernés dans ce qui est proposé. Ne pas proposer uniquement des activités qui demandent une motricité fine élaborée quand des petits sont présents, penser aux jeux à plusieurs pour les plus grands, qui réclament de l’espace.
  • Se construire peu à peu une image du groupe, le connaître et veiller à proposer des activités différentes ou au contraire reprendre une activité qui en a intéressé beaucoup.
  • Proposer aux enfants une multiplication d’expériences dans une même gamme d’activités. Pour la peinture par exemple, proposer de peindre sur une feuille individuelle, collective, au rouleau, au doigt, en musique.
  • Respecter le désir de l’enfant qui ne fait rien. Il fait autre chose sans nous, mais c’est aussi important pour lui.

 

Les différentes phases de l’activité

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1. L’enfant ne peut faire un projet à partir d’une matière que s’il la connaît. Un enfant qui touche pour la première fois de la pâte à pain ne va pas avoir envie de construire quelque chose, il va d’abord découvrir cette matière nouvelle. Même s’il la connaît déjà, il peut avoir envie de continuer à découvrir les possibilités de cette matière en enrichissant ses sensations. Cette phase de découverte est la plus importante. C’est pourquoi nous ne donnons aucun but final à l’enfant quand nous lui proposons une activité. Pour qu’il y ait découverte, il faut que le matériel ou la matière proposés aient des possibilités simples et suffisamment stimulantes pour solliciter son intérêt. Si l’enfant trouve un intérêt dans cette activité, il fera durer sa découverte en répétant ou en prolongeant ce qu’il vient de déclencher : il va expérimenter. Il faut donc lui laisser le temps nécessaire et, là encore, ne pas lui imposer de but. C’est lui qui décide de ce qu’il veut faire.

 

2. C’est seulement quand l’enfant connaît suffisamment les diverses possibilités de variation de la matière, les sensations que déclenchent telle ou telle action que va naître la notion de but. Il y aura une représentation mentale de l’acte, l’enfant pourra anticiper. C’est à ce moment là seulement qu’il va solliciter un apport extérieur, et qu’il sera important d’enrichir l’activité, de la faire évoluer vers de nouvelles possibilités (apport d’outils par exemple, pour la pâte à pain.) L’adulte doit avoir connaissance de ce processus d’action d’un enfant sur un milieu, et être conscient qu’il fait partie, lui-même, de ce milieu. Ses interventions, son attitude vont influencer l’action de l’enfant. Nous adoptons donc une attitude non directive par rapport aux activités ; nous respectons les acquisitions de chaque enfant, sans anticiper, sans chercher de production. Il s’agit d’accompagner l’enfant dans ses acquisitions sans jugement de valeur, de le laisser mettre des mots sur ce qu’il fait, nommer les choses, les sensations, les autres enfants, les adultes, enrichir sa connaissance du milieu, afin de lui permettre, à terme, l’accès au concept.

3. Le début et la fin de l’activité. Ces deux aspects d’une activité sont souvent négligés. Insistons d’abord sur la notion de rangement : les enfants peuvent être associés, après avoir joué, au rangement, qui boucle, en quelque sorte, l’activité, tous ensemble (on peut en profiter pour reparler de ce qui s’est passé pendant l’activité, etc.). De même, la préparation de l’activité est importante. Il n’y a pas que le moment où les enfants “font une activité” qui compte. Il ne faut pas négliger l’importance de “l’avant”, qui prépare, et met en route, et de “l’après”, qui laisse résonner l’activité, et permet une sorte d’atterrissage en douceur, avant de repartir sur autre chose. Parler de ce qu’on va faire, et de ce qu’on a fait : les mots, partagés, accompagnent l’action.

 

Liste non exhaustive des différentes activités proposées à la crèche

Types d’activités

Activités

Transvasement

Pâtes

Marrons

Modelage

Pâte à modeler

Pâte à pain

Argile

Pâte à bois

Motricité fine

Maxi coloredo

Découpage

Abaques

Tirelires

Engrenages

Graphismes

Peinture

Dessins

Collage

Expérimentation

Plumes

Maboule Déboule

Boîtes de découvertes

Motricité large

Jardin de la crèche

Vélo

Parcourt moteur

Cabanes

Histoires

Livres

Cassette

Marionnettes

Dessins animés

Musique/Danse

Intervention d’un musicien et d’une danseuse

Nature

Jardinage

Elevages

Imitation

Maison de poupées

Déguisement

Sortie extérieure

 

 

Jardin de la crèche

Bibliothèque

Marché

Parc

Spectacle

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Pour chaque activité, nous avons précisé, sous forme de fiche, quelques notions et conseils. Ces fiches sont disponibles dans un classeur et peuvent être consultées par les parents ou les stagiaires.

 

3. Les temps de la vie a la crèche :

 

Les enfants passent leur journée à la crèche. Il est donc important de leurs proposer un rythme de journée qui respecte des temps forts et des temps de retour au calme, des points de repère dans la journée, qui vont les aider à la vivre harmonieusement.

 

L’accueil du matin

 

La crèche ouvre ses portes à 8 heures, et permet aux familles d’arriver jusqu'à 10 heures, ou alors à 11 heures précises. Ce temps du matin, de huit heures à dix heures, est un temps d’accueil. Il est toujours plus facile pour un enfant de dire au revoir à son papa ou à sa maman quand il arrive dans un espace qui l’attire, avec des jeux qui l’attendent, un adulte disponible pour lui lire un livre, jouer avec lui ou faire un gros câlin s’il en a besoin. Il est aussi plus facile pour des parents d’arriver dans un espace agréable, ou ils vont pouvoir, en confiance, quitter leur enfant pour la journée. Le rôle des adultes, durant ce temps, sera donc d’aménager l’espace de façon à le rendre accueillant, en disposant des jeux dans divers endroits –sans que cela devienne pour autant une exposition!– et de s’organiser de façon à ce qu’un adulte soit disponible pour recevoir les familles qui arrivent pendant qu’un ou plusieurs autres restent auprès des enfants déjà arrivés. Ce temps d’accueil commence dans la pièce du haut et peut se poursuivre dans l’espace du bas (notamment pour les enfants qui sont arrivés très tôt le matin, et qui auront pris une collation avant 9 heures). On évitera, d’une façon générale, de laisser plus de 7-8 enfants dans le même espace.

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Le temps de jeux et d’activité du matin

Dès qu’assez d’enfants sont présents pour former un groupe homogène, plusieurs activités –ou jeux– de groupe sont proposés. Le choix de ces activités se fait en concertation entre les professionnels et les parents. Nous essayons d’utiliser le plus d’espace possible de la crèche et de proposer aux enfants des activités adaptées à leur âge et aussi diverses que possible. Les enfants peuvent circuler d’un espace à l’autre durant la matinée, et l’organisation des adultes doit permettre ce libre choix.

 

Les repas

Le repas est servi vers 11 heures 30. Après s’être lavé les mains, tous les enfants sont réunis un moment avant le déjeuner pour un retour au calme, qui peut prendre la forme d’un temps de chansons ou d’histoires. Ce moment calme, tous ensemble, permet de passer à table en ayant évacué les différentes émotions de la matinée, et de profiter pleinement du déjeuner. La variété des plats permet de faire, de ce temps, un temps de découverte. Le repas est un temps calme, durant lequel ont parle sans élever la voix, même quand on ne veut pas goûter un plat ou que l’on sollicite l’adulte pour lui demander quelque chose. On demande avec un ton dans lequel le “s’il te plait, merci” doit être présent même s’il n’est pas prononcé. On essaye de goûter à tout, parce que des fois… finalement on aime bien ! On se lève de table quand on a fini de manger, et on va se laver les mains et le visage, aidé par un adulte. Pour que ce temps soit agréable pour tous, une fiche sur l’organisation des repas détaille les différents ingrédients (autres qu’alimentaires) d’un déjeuner réussi.

 

La fin du repas et l’endormissement

C’est un moment de transition très important, souvent source de conflit. L’organisation des adultes est ici primordiale. Ce moment est mené à bien par les professionnels. A la fin du repas et après le lavage des mains, un premier groupe d’enfants descend se préparer pour la sieste. Le deuxième groupe (les plus longs à s’endormir) reste avec un adulte autour d’un jeu calme, qu’on n’hésitera pas à ranger avec les enfants. La préparation à la sieste est un moment important qui permet aux enfants, petit à petit, de se déshabiller seuls, de ranger leurs vêtements, d’aller sur le pot et de se laver les dents. Tous ces gestes où l’adulte va accompagner l’enfant, l’encourager à faire seul, à devenir grand.

 

La sieste

Les enfants accueillis à la crèche ont besoin d’un ou de plusieurs temps de repos dans la journée, suivant leur âge et leur rythme biologique. Chaque bébé sera couché en fonction de ses besoins et de ses habitudes, quelle que soit l’heure de la journée. Chez les plus grands, la sieste se fait à la mi-journée, dans une pièce aménagée pour cela. Semi obscurité, couchage confortable repéré par l’enfant, et adultes disponibles pour l’endormissement. Nous allons essayer petit à petit de connaître les habitudes de sommeil de chaque enfant (doudou, tétines, position d’endormissement…) afin que ce moment soit le plus apprécié possible par l’enfant. Au réveil, les enfants qui le souhaitent se lèvent et vont jouer dans la crèche, avec pour consigne de ne pas réveiller les copains.

 

Le goûter

Autour de 15h30 un goûter est organisé, avec de temps en temps un gâteau d’anniversaire, ou la dégustation du gâteau préparé le matin en activité pâtisserie.

 

Les activités de l’après midi

 

L’après-midi, comme le matin, plusieurs activités sont proposées aux enfants, en tenant compte de ce qu’ils ont déjà fait le matin et selon le même principe de liberté de choix.

 

Le départ de la crèche

 

Le départ de la crèche permet bien sûr de se dire au revoir mais, pour les parents, c’est aussi un temps d’échanges et d’informations. En effet, les parents sont souvent plus disponibles le soir, et prennent plus de temps pour discuter avec l’équipe, consulter le cahier de liaison, ou pour passer un petit temps de jeu avec leur enfant. Cela leur permettra de savoir ce que leur enfant à fait dans la journée, s’il a bien mangé, bien dormi, les soucis ou les joies de la journée.

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Les sorties à l’extérieur de la crèche

Même dans une crèche suffisamment spacieuse et proposant de multiples activités, les sorties permettent aux enfants de changer d’air, et de découvrir tout un tas de choses nouvelles, qui ne peuvent pas être proposées sur place.

  • Les sorties au théâtre, pour leur donner le goût d’assister à un spectacle, et suite logique des temps d’histoires de la crèche ou représentation théâtrale de leurs préoccupations du moment.
  • Les sorties au zoo ou à l’aquarium, pour voir des animaux “en vrai” et pouvoir entendre (enfin…) les cris du singe.
  • Découvrir son quartier, son marché, le parc à côté de la crèche, les balades en bateau sur le canal, tout ça avec ses copains et des grandes personnes qui vont partager ces moments.
  • Nous essayons de sortir le plus possible, dès que le temps le permet, et nous organisons, chaque mois, une grande sortie pour tous les moyens et les grands, et une autre pour les bébés.

 

Pour les “très grands” – les quelques enfants qui vraiment ruent dans les brancards –, des sorties légères en effectif (idéalement trois ou quatre enfants), mais ambitieuses (visite, musée, monument, grande promenade, avec pique-nique à la clé, et retour pour l’heure de la sieste), seront offertes aussi souvent que possible. Elles sont à mettre en œuvre de façon simple et quasi immédiate, à partir du printemps, quand le nombre de bébés décroît et libère des salariés.

 

Les journées à thème

En lien étroit avec la commission décoration-rangement, la crèche organise environ tous les mois et demi une journée à thème. Le jour d’Halloween, était une journée « orange » (de la carotte et de l’orange à la mimolette et au saumon), il y a également eu une journée « western », mais la plupart du temps il s’agissait d’un voyage : Maroc, Chine, Italie, Inde, Grèce…  Des livres sur le pays (ou sur ce thème) sont empruntés à la bibliothèque, un menu est élaboré en fonction du pays et des activités sont proposées aux enfants (découpage, confection d’un bandeau d’indien avec une plume, maquillage, pose de « bindies », collage d’épices périmées sur galette de riz, leur prénom en grec, confection d’une carte postale…etc…) Pour le premier voyage, une petite mise en scène est organisée : ils avaient un billet d’avion et des petits cartons ailés sont à disposition des enfants. La décoration est un gros travail de préparation et de recherche : tente berbère avec babouches et service à thé, façade de palais indien, tour de Pise, Tipi géant … Le bilan : ces journées sont particulièrement intéressantes l’hiver, lorsque les sorties sont rares. Il faut éviter de prévoir trop d’activités manuelles en lien avec la journée à thème lorsqu’il fait beau, car la priorité est alors d’aller au jardin/parc. Les cabanes s’avèrent un vrai succès et peut-être à généraliser avec un code couleur pour chaque pays visité par exemple…

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4. Les bébés :

 

L’attitude des adultes chez les bébés doit à la fois prendre en compte leur statut de bébés : dépendants de l’adulte et demandeurs d’échanges individualisés et leur permettre de développer seuls leurs désirs d’indépendance motrice et de découverte des autres. Nous allons donc rechercher un équilibre entre les temps de soins, de câlins et les temps de jeu où le bébé va découvrir seul son corps, ses possibilités, l’espace qui l’entoure, les autres enfants.

 

Organisation de la section:

Les bébés, âgés de 3 à 12 mois ou +, sont au nombre de 6. Trois professionnelles sont “attachées” à cette section: Une auxiliaire de puériculture et une animatrice petite enfance qui sont référentes. Une éducatrice de jeunes enfants est là pour prendre le relais.

 

L’aménagement de l’espace:

La réflexion autour de l’aménagement de l’espace est permanente et suit l’évolution, les besoins de chaque enfant.

 

La période d’adaptation:

Elle peut s’effectuer sur deux semaines, mais rien n’est figé. L’enfant doit faire connaissance avec sa référente, avec son nouvel entourage, nouveau lieu de vie, et doit faire face à une séparation d’avec ses parents.

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La référente:

Une professionnelle est référente de 3 enfants, pour une période de un an. L’adulte de référence est la personne qui accueille le bébé et ses parents, qui leur donne leur place à la crèche. Elle sera la mieux qualifiée pour s’adapter aux besoins de l’enfant, lui donner des repères sécurisants. Cet accompagnement individuel va aider l’enfant à se construire une sécurité intérieure solide. La référente, par cette sécurité de base qu’elle donnera à sentir à l’enfant, lui permettra de s’attacher à elle puis de se détacher quand il aura grandi dans ce climat de sécurité : elle répond de manière adaptée à chaque signal du bébé, celui-ci encouragé renouvellera ses demandes, la connaissance de l’un et l’autre sera de plus en plus fine, une confiance mutuelle s’instaurera, l’enfant pourra acquérir cette sécurité de base qui le “tranquillisera” et lui permettra d’être actif. La référence n’est pas unique, n’est pas dans l’exclusivité. Les autres professionnelles du groupe sont amenées à intervenir auprès de l’enfant, d’où l’importance accordée aux “transmissions” entre professionnelles pour une plus grande cohérence du travail d’équipe.

 

Adaptation :

Lors de l’adaptation, les parents sont amenés à remplir une feuille de rythme. Cette feuille de rythme fera le lien entre la maison et la crèche pendant environ trois mois… Elle permettra entre autre d’établir le “tour de rôle”. En effet :

- les échanges avec les parents, l’observation de l’enfant (heure à laquelle il prend son petit déjeuner, corpulence, âge, “capacité à attendre”),

- la feuille de rythme

permettront à la référente de mettre en place pour chaque enfant de son groupe un “ ordre de passage”. Chaque bébé s’inscrit dans un tour de rôle alimentaire, créant une sécurité pour l’enfant qui va comprendre quelle est sa place dans le tour de rôle.

 

Le repas, précédé ou suivi du change, pourra se poursuivre dans la continuité par l’endormissement. Ceci est mis en place pour répondre à la fois aux besoins :

- de repères de l’enfant

- d’un moment suffisamment long partagé avec sa référente.

Ce principe permet de répondre individuellement au besoin de chaque enfant, de respecter son individualité et la relation privilégiée avec sa référente au sein de la crèche.

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La communication:

Elle est indispensable, sécurisante car les mots permettent au bébé d’appréhender chaque moment de la journée, chaque action de l’adulte : par exemple il prévient le bébé qu’il va être soulevé, mouché… L’adulte se place face à l’enfant, attend un signe de celui-ci avant d’agir, l’enfant est acteur de ce qui le concerne, il se sent ainsi plus en sécurité. Les échanges verbaux sont aussi un élément essentiel au développement du langage.

 

Les soins au cours de la journée.

On appelle “ soin ” toute action de l’adulte dont le but est d’aider l’enfant à satisfaire ses besoins: repas, changes, sommeil. Il est important que chaque enfant reçoivent des soins individualisés : adaptés au développement et à la personnalité de chacun d’entre eux, c’est-à-dire qui lui permettent d’acquérir une autonomie suffisante pour explorer l’extérieur en toute sécurité physique et affective. Les soins se font à partir de l’observation de l’enfant, des échanges avec ses parents et de l’analyse de ses besoins. Il est important que l’organisation du travail        permette une permanence et un nombre limité de personnes qui effectuent les soins à un même enfant. Des adultes stables et en nombre limité garantissent une bonne connaissance de chaque enfant, de ses habitudes, de ses goûts personnels, et une bonne réponse à ses besoins. Au niveau de l’équipe cela implique une harmonie dans le travail et une bonne communication entre les professionnelles qui seront amenés à s’occuper du bébé.

 

Le repas.

Il doit représenter avant tout un moment de plaisir, un moment privilégié avec l’adulte. Peu à peu l’enfant va acquérir la capacité de se nourrir de façon autonome … Pendant la période d’adaptation les échanges avec les parents permettront à la référente de reprendre les gestes, les habitudes de la famille : quantité, manière de donner, régime… Le repas est aussi un moment d’échanges, de verbalisation auprès de l’enfant. Il se fait dans un espace aménagé à cet effet, les enfants qui ne mangent pas restent dans leur section avec un adulte.

a. L’enfant est dans les bras de l’adulte.

- Au biberon:

Dés le départ, le bébé doit prendre part activement au repas. Il doit pouvoir bouger librement ses deux bras pendant la prise des biberons (il peut ainsi saisir son biberon, le repousser…).

- Début de la cuillère:

Lorsque l’enfant passe du biberon à la cuillère, c’est de façon progressive, toujours dans les bras de l’adulte (il est important que l’enfant soit en contact avec l’adulte le plus longtemps possible, même s’ il sait tenir son biberon seul). L’adulte ne présente la cuillère que si l’enfant ouvre la bouche, si l’enfant montre un signe de refus, l’adulte n’insiste pas.

L’enfant décide de la quantité qu’il veut manger.

 

b. L’enfant mange assis sur une chaise adaptée:

Les principales conditions sont, que l’enfant comprenne ce que l’on attend de lui, qu’il ait envie de le faire, qu’il puisse s’asseoir, s’installer seul sur une chaise, et se relever seul. Il doit pouvoir poser ses pieds au sol, et ne pas être coincé entre la table et le dossier de sa chaise.

L’adulte est assis face à l’enfant, il lui propose une cuillère et l’aide si besoin (double cuillère).

La professionnelle s’organise de façon à tout préparer avant de faire manger l’enfant… Tout le matériel est à portée de main, l’adulte ne doit pas avoir à se relever cela pour une bonne continuité du déroulement du repas.

La référente prévient l’enfant qu’elle va venir le chercher mais qu’elle doit préparer avant. Tous les gestes sont expliqués à l’enfant qui va manger, comme au moment des autres temps de soins (accompagnement au sommeil, change, déplacements dans l’espace).

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Les changes

La professionnelle explique ce qu’elle fait, elle utilise les initiatives du bébé et le fait participer.

 

Le sommeil

L’enfant s’endort accompagné par l’adulte qu’il connaît. Il a son objet “ transitionnel”, ses rituels, dans le même lit, dans le calme. Dés qu’il se réveille un adulte est présent pour l’accueillir.

 

L’activité autonome

Pour que l’enfant découvre lui-même ses possibilités, ses limites, l’adulte le laisse évoluer librement, sans intervenir. Il ne le met pas dans une position qu’il ne maîtrise pas déjà, par exemple, l’asseoir ou le mettre debout. Par contre il l’encourage verbalement, organise l’espace et propose des jeux adaptés qui évolueront avec les compétences de l’enfant.

 

5.Les transmissions :

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Concernant les transmissions, Caro, maman d’une « grande » :

 

« Ce partage et cet échange entre professionnels et parents fait toute la spécificité, la valeur ajoutée, la qualité de l'accueil en crèche parentale.

Je crois que l’une des choses les plus fortes et intéressantes pour moi de ce modèle, c’est l’échange entre parents et professionnels. Cette relation qui se crée, qui se développe, qui grandit et murit avec le temps est un apport inestimable de la crèche parentale.

Nous avons été accueillis (et nous restons toujours accueillis, même après 8 ans de la même manière), et les familles sont accueillies, avec écoute et sérieux : avec l’empathie nécessaire pour que l’on se sente bien, que l’on ose dire ce qu’on fait et comment on est avec notre enfant sans crainte d’être jugé, avec aussi le partage de cette joie toute nouvelle d’être parents, bien comprise et non écartée par les professionnels, mais aussi ce professionnalisme, c'est-à-dire les compétences, les bonnes questions, les bonnes réponses, les bonnes propositions adaptées à la famille, l’écoute et le guidage en douceur et diplomate, les choix argumentés, les avis éclairés sur tel ou tel comportement de notre enfant. »

Confier son enfant est un acte important. Il est indispensable pour l’enfant mais aussi pour ses parents d’établir une relation de confiance et de respect mutuels avec l’équipe éducative. Pour cela, un dialogue quotidien est nécessaire; il ne faut  pas hésiter à parler des habitudes de l’enfant, de son sommeil, de ses jeux. Chacun prend ainsi le temps de faire part des expériences de l’enfant, de son positionnement au sein du groupe, de ses progrès ou de ses difficultés…

C’est donc en faisant et en recevant des transmissions que l’on permet à l’enfant de vivre au mieux ses journées passées à la crèche. Elles conditionnent en grande partie la qualité de l’accueil de l’enfant et sont indispensables pour assurer la continuité des soins, de l’accompagnement.

Les transmissions écrites viennent en complément des échanges verbaux parents/professionnels. En effet, elles n’excluent en aucun cas les transmissions orales qu’ils peuvent avoir matin et soir.

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Les transmissions quotidiennes parents/professionnels chez les moyens/grands.

 

Chez les moyens-grands, un classeur de transmissions individuelles a été mis en place par l'équipe éducative. Il est mis à la disposition des parents; chacun est donc tenu de consulter uniquement les informations concernant son enfant. En 1ère page, une feuille commune à tous les enfants sur laquelle sont notés les horaires d’endormissement et de réveil ainsi que les informations relatives au déjeuner. Ensuite, un intercalaire avec une feuille par enfant et par semaine sur laquelle les professionnels inscrivent les activités que chacun a fait durant la journée (peinture, sortie, musique, danse…), des anecdotes ( relation avec les autres, aptitudes/acquisitions nouvelles, plaisir à découvrir tel ou tel jeu…) mais également des observations particulières (fièvre, blessure…). Ces feuilles individuelles sont régulièrement remises dans le casier des parents

 

Chaque enfant est unique, c’est pourquoi chaque transmission se doit de l’être aussi. Chaque professionnel relate dans ce classeur ce qu’il a vu, entendu…Cela permet une confrontation des regards riche et intéressante. Cela demande aussi à l’équipe une organisation de son temps de travail ainsi qu’une connaissance et une observation fines de chaque enfant. En effet, chaque membre de l’équipe doit être attentif à ses attitudes, à ses comportements, à ses modes d'expression et à ses interactions avec les autres (adultes, enfants). Même si l’équipe fait son possible pour que les informations soient notées à la fin de la journée, il peut arriver, par manque de temps (retour tardive du parc, réunion d’équipe…) qu’elles ne soient inscrites que le lendemain. Ces transmissions écrites sont également un lien pour le parent qui ne peut pas venir chercher son enfant le soir et qui ne peut pas communiquer avec les professionnels sur ce qui s’est passé durant la journée. Ainsi, ce classeur lui permet, à tout moment de la semaine, d’avoir accès aux informations concernant son enfant.

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Les Transmissions quotidiennes parents/professionnels, chez les bébés.

En complément des transmissions orales, nous avons mis en place “un cahier de vie” individualisé  pour chaque bébé.  Ce cahier, rempli tout au long de l’année chez les bébés est remis ensuite aux parents. En couverture, nous y avons mis la photo de l’enfant, Ensuite, une page pour les informations concernant son quotidien:

- repas

- sommeil

- changes

En face, une page pour :

- les anecdotes,

- les activités, appréciées ou non.

- les observations sur le développement du bébé, ses progrès, ses échanges avec les autres adultes ou enfants, ses réactions surprenantes ou inhabituelles, ses petites habitudes, les moments clefs…

- les comptines et les livres que le bébé apprécie.

Le cahier de vie est mis en place dès l'adaptation, Nous proposons aux parents d’y écrire les premières pages ; ce peut être ce qu'ils pensent que nous devons savoir pour prendre leur relais… Ensuite, en arrivant le matin, les parents notent sur le “cahier de vie” l'heure du réveil, du petit déjeuner, l'heure prévue du départ, ainsi que les informations telles que "mauvaise nuit","papa absent pour la semaine" etc… Mais ils peuvent aussi alimenter le cahier d’anecdotes, de petites histoires, dont ils ont envie de garder une trace… C'est la référente du bébé qui écrit en priorité, au fur et à mesure de la journée, ou la personne relais qui s'en est occupée ce jour là. Néanmoins, la priorité est donnée aux enfants; il se peut que, les jours de grosse difficulté, les cahiers soient moins “remplis”.

Ce support individuel est

- un outil d'échanges personnalisés, un “carnet de bord” qui relate au mieux la vie et l’ « histoire » du bébé à la crèche. On prend ainsi en compte le bébé dans son individualité, dans la collectivité. Il a alors une place, il s'inscrit dans cette micro-société qu'est la crèche et cela l’aide à se construire.

- un outil qui permet d'assurer le suivi de l'enfant pendant tout le temps de son accueil au sein de la section des bébés et de faire le lien entre la crèche et la maison. Cette continuité est encore plus sécurisante pour le bébé et ses parents, il permet de renforcer le lien entre l'équipe et la famille.

 

Concernant les transmissions, Sandra maman d’un grand et d’un bébé:

Le projet d'un cahier de vie est génial. C'est vraiment lier l'entrée dans la vie sociale à l'entrée dans le monde symbolique des mots et des histoires (anecdotes, comptines, livres, histoires familiales) et marquer cette entrée par quelque chose qui reste.

Chez les bébés, j'ai trouvé qu'il est aussi essentiel d'assurer des transmissions fonctionnelles (quand l'enfant est malade, de bien savoir comment il a mangé, s'il a eu de la fièvre, toussé…) pour suivre les états de santé, que d'apprendre par l'anecdote ce qui s'est passé dans les jeux, dans les relations aux autres. C'est toute une part de leur être qu'on ignore ou qu'on ne voit pas avec ses yeux de parents habitués à l'enfant tel qu'on le connaît à la maison. Quand un professionnel nous raconte un épisode qui nous surprend, c'est l'occasion de comprendre que notre enfant n'est pas le "nôtre" au sens où il fait sa vie sans nous dans un environnement social qu'il a les moyens de s'approprier. Et apprendre qu'il nous échappe est finalement très positif. On réalise qu'il apprend à se débrouiller sans nous et ça permet de lui faire plus confiance, de l'encourager davantage dans sa conquête de l'autonomie, sans le maintenir dans les rêts de notre affection débordante. 

Je crois que le cahier sert à ça de manière générale, à faire circuler de la confiance dans les relations qui se jouent avec et autour de l'enfant.

Pour les moyens grands, c'est un peu la même chose car même si l'enfant finit par verbaliser les épisodes de sa journée, cela ne saurait remplacer la parole des pros qui savent qu'Anne-Pierre a cuisiné autre chose que des pâtes au jambon et que l'enfant n'a pas joué qu'aux voitures… L'anecdote et les petites perles des enfants sont précieuses. C'est toute une poésie promise à disparaître qui est collectée.  Et pour les grands qui vont passer à l'école, ça permettra d'avoir une nostalgie éternelle de ce temps où le symbolique, c'est des histoires qu'on se raconte et non des évaluations qui font qu'on se la raconte…ou non… (j'adore l'école…) Bref, je trouve ça très enrichissant votre initiative d'écrire les petits trucs qu'on retiendra de ces brèves années qui filent. Après tout, qu'est-ce que c'est l'identité sinon une collection de petites histoires personnelles et collectives? “

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6. Les moyens et les grands :

 

Respect de l’individualité de chaque enfant.

Il apparaît essentiel que l'adulte apprenne à connaître chaque enfant, et cherche à comprendre son comportement. Une observation attentive et un dialogue continuel avec l'enfant et les autres adultes permettront cette approche. Il faut que l'enfant sente qu'on s'intéresse à lui en répondant à ses demandes, ce qu’on s’efforcera de faire grâce à la variété des possibilités offertes par la structure. Dans cette optique, il est indispensable pour tous :

-    de ne jamais émettre un jugement de valeur sur l'enfant,

-    de ne jamais comparer les enfants d'un même âge entre eux sur leur progrès,

-    d'encourager l'enfant, d'avoir une attitude bienveillante, et d’être de bonne humeur,

-    de ne jamais mêler l'enfant à des problèmes de fonctionnement ou à des problèmes d’adultes,

-    de s'exprimer clairement, sans bêtifier l'enfant, de l'appeler par son prénom,

-    d'entretenir le dialogue avec le personnel d'encadrement en se concertant en cas de difficulté avec un enfant.

 

Lien entre la famille et la crèche

Dans la vie quotidienne de la crèche, certaines habitudes de l'enfant seront gardées. Il existe une continuité entre sa maison et la crèche. Le permanent accueillera les parents et les enfants en même temps, s'informera sur l'état de l'enfant (sommeil de la nuit précédente, etc.) et informera, réciproquement, les parents, de la journée à la crèche.

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Respect de son rythme de vie

L'enfant sera intégré dans un groupe de façon souple, en fonction de son évolution personnelle. La notion de groupe sert surtout aux parents et aux permanents. Elle permet, en apportant un repère, l'organisation des activités et le travail pédagogique. Mais chaque enfant est libre d'évoluer selon ses possibilités et ses envies, et les groupes ne doivent pas être considérés de façon rigide.

 

Respect de ses besoins et intérêts

 

L'adulte sera attentif aux besoins physiques et affectifs de l'enfant, à ses besoins d'espace et de mouvement, de jeux et d'autonomie.

Pour ne pas mettre l'enfant en situation d'échec, les jeux seront apportés en fonction de ses capacités.

Dans les jeux libres, un adulte sera présent, “accompagnant”, pour que l'enfant puisse le solliciter.

On s'attachera aussi à développer l'intérêt et la curiosité de l'enfant en lui apportant une ouverture sur les autres et sur l'environnement extérieur.

 

Favoriser l'autonomie

C’est-à-dire permettre à l'enfant de prendre conscience de ses propres limites et possibilités, de s'organiser seul. Pour accéder à l'autonomie, l'enfant doit acquérir non seulement une aisance physique mais aussi une confiance en soi. Par la stabilité du personnel et des repères dans le temps et l'espace, l'enfant va bénéficier d'un contexte favorable à ce cheminement. L'aménagement a été conçu pour permettre une liberté de mouvement et une évolution de l'enfant en toute sécurité. Par cette expérience psychomotrice, il découvre ses potentialités, prend de l'assurance et progresse seul. Parallèlement, une relation de confiance mutuelle entre l'adulte et l'enfant est établie pour encourager l'enfant dans ses tentatives et ses progrès.

L'évolution de l'enfant peut passer par des régressions. Ces étapes lui permettent de s'affirmer tout en s'assurant la reconnaissance des adultes et leur affection. L'adulte doit donc avoir une attitude bienveillante par rapport à cette évolution pour donner “l'envie de grandir” à l'enfant. Pour cela, il est important de communiquer avec l'enfant par la parole et par les gestes, de le câliner pour le réconforter, et de lui faire confiance en lui donnant des responsabilités. L'adulte accompagnera l'enfant dans son va-et-vient entre dépendance et autonomie, sans l'inhiber ni le livrer totalement à lui-même (par exemple, on lui fera confiance pour transporter des objets fragiles, pour se laver, s'essuyer le visage et les mains, et on lui laissera le temps de le faire.) De cette façon, toutes les activités, l'espace, et les moments de vie quotidienne, contribueront à développer l’autonomie chez les enfants.

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Favoriser la socialisation & quelques notions pour réagir face à l’agressivité

a. Tout part de l’écoute ; on ne peut répondre qu’à ce qu’on a entendu.
La collectivité est l’apprentissage, pour l’enfant, de la vie avec les autres – enfants et adultes. C’est donc la confrontation de son désir, de son individualité, au désir d’autrui. La collectivité se doit de favoriser la réalisation de l’enfant en tant qu’individu. Le respect de l’individualité de l’enfant ne peut se faire sans une grande écoute de la part de l’adulte en laissant une place à la volonté et à l’expression du désir de l’enfant. Il arrive, par exemple, qu’un enfant refuse d’être changé par quelqu’un, soit parce qu’il ne le connaît pas bien encore, soit parce qu’il désire être changé par un autre en particulier. Il n’y a possibilité de refus que si l’attitude toute entière de l’adulte le permet : avant de changer l’enfant, l’adulte l’informe de ce qu’il a l’intention de faire et se met à l’écoute de la réponse de l’enfant (toujours cette notion de l’ “avant”). Respecter l’enfant, c’est lui laisser une marge optimale de possibilité d’expression, que ce soit une expression de plaisir, de refus, de colère - ou tout autre. L’important est que l’adulte veille à l’entendre et à y répondre.

b. Les règles, les limites : explication (verbalisation), dialogue, apprentissage du contrôle.
La vie de groupe demande l’apprentissage de certaines règles sociales : apprendre à attendre son tour, à respecter les autres, à s’asseoir autour d’une table pendant le déjeuner, etc. Ces règles sont expliquées, et nous laissons à l’enfant le temps de les comprendre et de les accepter. L’enfant, pour se construire, a besoin de limites. Grâce à ces limites, il peut structurer sa personnalité de façon stable et solide. Ces limites sont verbalisées par l’adulte pour que l’enfant en prenne connaissance, mais elles lui sont également expliquées. L’enfant peut alors comprendre, même s’il ne l’accepte pas, pourquoi l’adulte lui interdit telle ou telle chose. Expliquer un interdit, permet aussi à l’adulte de vérifier si cet interdit est justifié, et il permet d’engager un dialogue avec l’enfant. Celui-ci peut alors confronter son propre désir à la limite posée par l’adulte et, ainsi, manifester sa personnalité. De cette manière, l’enfant apprend à contrôler certaines de ses envies et à connaître ce qui constitue son individualité.

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Agressivité des enfants : quelques notions de base

L’enfant porte en lui certaines pulsions agressives qu’il doit d’abord identifier puis, avec l’aide de l’adulte, parvenir à maîtriser. Un enfant qui en agresse un autre peut, avec l’aide de l’adulte, prendre conscience de son envie d’agresser. Il apprend à déterminer cette envie comme quelque chose qui est en lui, de lui vers les autres, ou de lui vers un autre en particulier. Volontairement, nous ne portons pas de jugement qui pourrait rendre la situation culpabilisante pour l’enfant. Nous lui expliquons que nous comprenons qu’il peut avoir envie de pousser ou taper les autres mais que nous ne pouvons pas permettre le passage à l’acte agressif. En punissant physiquement ou verbalement l’enfant agresseur, nous rendrions cette pulsion agressive culpabilisante et l’enfant, plutôt que de prendre conscience de cette partie de lui-même, ne ferait que l’étouffer et la refouler en lui. Cela pourrait entraîner une souffrance intérieure et ne l’aiderait pas à “sublimer”, et donc finalement à dominer, ses pulsions “asociales”. Par la verbalisation de l’adulte, qui renvoie à l’enfant ce qui peut être une partie de son désir intérieur, celui ci arrive, peu à peu, à se situer par rapport à l’autre. Il y a ses propres désirs, et ceux de l’autre, et il y a des limites sociales qu’il faut apprendre à respecter. L’adulte après avoir expliqué à l’enfant pourquoi il ne peut permettre le passage à l’acte agressif, doit également permettre à l’enfant de pouvoir exprimer cette agressivité d’une autre manière sinon, cette énergie, non libérée, risque de se retourner contre lui. L’enfant agressé n’est pas oublié ; l’adulte lui explique ce qui est arrivé, le rassure – lui apporte donc sa protection –, tout en lui formulant qu’il est de son droit de dire non à l’agresseur. C’est grâce à cette verbalisation simple ( !…) des événements – qui marquent la vie quotidienne et sociale des enfants à la crèche – que, petit à petit, ils vont pouvoir eux-mêmes, lorsqu’ils commencent à maîtriser le langage, se servir de la parole pour se défendre, négocier un jouet entre eux, exprimer leurs sentiments, établir des relations. On souligne la complexité de la démarche à mettre en oeuvre. Il peut s’agir d’un moment où un deuxième adulte, s’il est disponible, peut venir aider le premier, en particulier en considérant qu’il y a deux enfants dont on doit alors s’occuper quasiment en même temps.

Cette notion, de “passage de relais” entre les adultes, est d’ailleurs à approfondir, mais relève presque toujours du cas par cas.

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7. L’alimentation :

 

Cette fiche a été rédigée pour la première fois en 2008, dans l’intention de servir d’outil de travail pour les parents en charge de la commission logistique et de repère pour tous les parents de la crèche. Elle est le résultat d’un certain nombre de réflexions et de décisions prises au fil des années par les parents et les salariés de la crèche.

 

Manger est un plaisir et une découverte, le repas un moment de convivialité

Lors du déjeuner ou lors du goûter, les enfants font une pause (« pause déjeuner ») et s’assoient ensemble. Le repas est un rituel social et, au fil de l’année, certains enfants ont même leur place attitrée, ou s’entraident en se passant les verres et les couverts au début du repas par exemple. Le repas est rythmé par l’ordre des plats entrée-plat-dessert et d’autres habitudes s’installent : ne pas se lever de table avant la fin du repas, exprimer des goûts ou des dégoûts, admettre qu’on n’est pas toujours servi en premier mais que tout le monde aura sa part, s’essuyer et mettre son bavoir dans la corbeille à linge sale …

 

Cette pause est faite de rituels qui rassurent et de découvertes. L’adulte assis avec les enfants doit dire le nom des aliments/des plats, inviter à goûter, resservir s’il le faut, donner des informations sur la nourriture… La présentation et les couleurs permettent de rendre un plat attractif. En début d’année, il est préférable de limiter les mélanges et les sauces qui masquent, car les enfants préfèrent bien identifier ce qu’ils mangent.

Pour les bébés, il est parfois judicieux d’alterner les couleurs des purées (un jour, orange, le lendemain verte ou blanche…)

Les menus doivent aussi combiner les plats qui marchent (hachis parmentier, lasagnes…), avec d’autres à faire découvrir, moins faciles. Un échange avec l’équipe pédagogique permet de mieux identifier les réussites et les recettes à faire évoluer.

 

L’attitude des adultes

Accompagner les différentes phases du déjeuner ou du goûter, présenter les différents plats, proposer de goûter à tout et ne jamais forcer un enfant à manger. Et aussi, inciter les enfants à rester assis correctement, à manger avec la fourchette ou la petite cuillère (les aidant, s’ils commencent tout juste de manger seuls), et à ne pas jouer avec la nourriture. Et surtout, faire en sorte que le moment du repas se déroule dans une atmosphère calme et relaxée, dans laquelle on se sent bien et on se parle avec gentillesse.

 

Alimentation et santé

Les menus sont constitués suivant les recommandations de la PMI, pour leur composition et pour les quantités. Ils sont adaptés au stade de croissance de l’enfant. Le principal étant que l’enfant mange de tout en quantité raisonnable selon des principes diététiques aiguillés par le bon sens.

Manger équilibré est sain

Fruits frais et légumes crus ou cuisinés sont proposés chaque jour, au plus près du rythme des saisons afin de garantir une base essentielle de l’alimentation. Tous les différents types de viande sont servis aux enfants en alternance, le poisson est servi 1 ou 2 fois par semaine et on veille à faire goûter plusieurs types de féculents et céréales tout le long de la semaine.

 

L’équilibre se retrouve aussi dans les combinaisons des menus entre déjeuner et goûter : on veille à ne pas donner de laitage le midi lorsqu’il y a déjà eu des apports en protéine par la viande, le poisson ou les œufs, tout comme on ne sert pas les mêmes fruits au déjeuner et au goûter.

 

Réguler les apports de sucre/sel/gras quotidiens

Il est préférable de structurer les repas pour avoir tout au long de la journée les apports de sucre plutôt que beaucoup d’un coup. Que ce soient les sucres dits « lents » ou les sucres dits « rapides ». Et, en règle générale, on veille à que l’alimentation des enfants ne soit pas trop sucrée, ni trop salée, ni trop grasse.

 

Alimentation adaptée à l’âge

Jusqu’à l’âge d’un an environ les enfants sont dans le stade de la diversification alimentaire. L’équipe pédagogique suit le rythme et les stades de diversification souhaités par les parents. L’évolution dans les premiers mois est rapide, chacun à son niveau accompagne la progression de l’enfant (échange d’information, évolution du menu bébé). Les menus « bébé » même s’ils ont une base commune, tiennent compte des différences entre les enfants dont leur capacité à mâcher les aliments. C’est un menu à la carte.

Risque allergique

Pour un principe de précaution certains fruits comme la fraise, le kiwi et les autres fruits « exotiques », considérés comme allergisants, ne seront pas proposés aux enfants avant 1 an. Ensuite, ce sera à chaque parent d’établir la liste éventuelle des aliments à éviter pour son enfant.

 

L’éducation alimentaire

Aux Petits Lardons l’éducation passe aussi à travers l’éducation alimentaire. Apprendre à bien s’alimenter, à goûter à tout, à manger correctement, calmement et avec plaisir, est tout aussi important qu’apprendre à se connaître et à être bien avec soi même et les autres.

 

Quelques décisions prises au fil des années…

Alimentation Bio

Suivant la pratique des crèches municipales, les Petits Lardons ont choisi leurs 5 aliments bio : œufs, lait, yaourts, céréales (riz, blé, orge…), légumes congelés (petits pois, haricots verts, épinards). L’intention étant toutefois celle de privilégier toujours les produits bio, si et quand le budget le permet.

 

OGM : non merci !

Aux Petits Lardons on ne veut pas goûter aux OGM. Et nous faisons très attention aux « OGM cachés », c’est pourquoi nous consultons la liste de Green Peace 2006 (abritée parmi les documents à disposition de la commission logistique) lorsqu’un nouvel aliment rentre à la crèche.

 

Produits naturels et frais

Pour nos enfants nous avons décidé de privilégier les produits frais, naturels (bio si possible), de saison et peu élaborés. Un principe de précaution est retenu pour choisir les produits alimentaires les plus inoffensifs possible (sans OGM, avec le moins d’additif possible, le moins de sucre et de sel, etc…) et qui contribuent les plus aux apports journaliers en vitamines, calcium, sels minéraux etc… Rappelons-nous que nous mangeons souvent trop car nos aliments sont pauvres en éléments utiles à l’organisme.

 

Les produits congelés se limitent à :

  • Filets de poisson (par manque de poissonnier dans le quartier…)
  • Légumes difficiles à repérer sur le marché ou longs à préparer (petits pois, haricots vert, épinards)
  • Pâtes à tarte (par manque de temps)
  • Sorbets et glaces
  • Fruits pour les tartes

 

Pour la viande, le fromage, les fruits et les légumes, les courses (limitées aux besoins de la journée) sont faites tous les matins chez les commerçants du quartier.

 

Pour échapper aux produits trop élaborés (et donc peu vitaux), nous avons décidé d’éviter le plus possible les produits industriels (gâteaux, biscuit, pain…) et choisir de préférence, pour le goûter, le pain du boulanger servi avec confiture, formage, chocolat…

Toutefois, ces produits transformés ne sont pas proscrits. Ils sont consommés avec modération, et sont choisis bio ou les plus « simples » possibles sans additifs et substances dangereuses et très toxiques (huiles hydrogénées, sucre fructose, poudre d’œufs, amidon transformé…).

 

Pour la même raison, nous avons choisi :

  • Le sucre roux
  • Le miel
  • Le sel non raffiné et sans additifs
  • Les produits laitiers au lait entier
  • Les céréales complètes ou semi-complètes bio

 

La règle générale et plus importante reste de vérifier toujours les ingrédients de tous les aliments achetés, faisant très attention à éviter, en tous les cas, les additifs, conservateurs et colorants dangereux pour la santé.

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8. L’accueil d’un nouvel enfant :

 

L’accueil d’un nouvel enfant à la crèche est un moment essentiel pour la famille et pour l’équipe. Nous voulons tout mettre en œuvre pour que cette arrivée soit synonyme d’échanges, de plaisirs et de confiance.

 

L’enjeu de cette première séparation est d’aider l’enfant à comprendre, à maîtriser la séparation et de lui proposer un milieu sécurisant et attrayant.

 

Ce n’est qu’une fois sécurisé qu’il pourra dépenser pleinement son énergie dans la découverte des autres enfants et des terrains qui lui sont proposés.

 

Le référent

 

Nous proposons aux familles de prendre le temps nécessaire afin de pouvoir se séparer de leurs enfants en ayant établi une relation de confiance avec un des professionnels de la crèche.

 

Chaque enfant sera donc accueilli par un adulte de référence. Son rôle, pendant la période d’adaptation, est primordial. Il faut qu’il parvienne à établir autour du couple enfant-parents une relation de confiance. Les parents et l’enfant doivent se sentir sécurisés.

 

Le référent n’est cependant pas leur unique interlocuteur et ils vont petit à petit connaître les autres membres de l’équipe et les parents de la crèche.

 

Les premiers temps à la crèche avec papa ou maman

 

L’objectif des premières visites à la crèche sera de s’imprégner, tranquillement, de l’atmosphère, de faire connaissance avec le lieu, et de présenter à l’enfant celui ou celle qui deviendra l’adulte référent.

 

La présence d’un des parents permet à l’enfant de découvrir la crèche en toute sécurité affective.

Chaque enfant réagit différemment lors de cette première visite.

Le rôle du référent est d’entrer en relation avec l’enfant, de l’amener à comprendre que c’est lui qui sera disponible pour l’aider en cas de besoin, de lui donner un premier repère.

Cette première séance permet aussi au référent d’entrer en relation avec les parents de l’enfant et d’observer l’attitude de l’enfant face à cette expérience nouvelle.

 

Pour le référent, ces échanges vont permettre d’obtenir des informations sur l’enfant et sa famille, informations qui vont nous aider à mieux accueillir l’enfant : ses habitudes (de relations, d’endormissement, alimentaires) ; sa connaissance, ou non, d’un autre lieu d’accueil, et donc de la séparation ; sa fratrie, et les rapports qu’il a avec ses frères et sœurs ; les goûts et les hobbies de ses parents, qui vont nous permettre de mettre un peu de “papa maman” dans sa journée à la crèche ; et toutes les informations que les parents vont juger utiles de nous donner, et qui permettront d’individualiser cet accueil.

 

Après plusieurs visites avec les parents, le référent et les parents décideront que la séparation peut avoir lieu et en informeront clairement l’enfant. Cette décision se prend en fonction de chaque enfant, de ses réactions, mais aussi de l’état de confiance et du désir des parents.

 

Première séparation

 

La première fois où l’enfant va rester seul, il est attendu et accueilli par son référent.

Si l’enfant a été particulièrement attiré par une activité lors de ses visites précédentes, l’équipe, prévenue par le référent, l’aura installée.

Nous demandons aux parents de ne pas s’attarder mais de lui dire au revoir et de ne surtout pas partir en cachette ; il n’aurait plus confiance ni en eux, ni en l’équipe.

Chaque enfant vit à sa façon ce premier temps seul. L’un peut tout de suite se diriger vers un jeu, tandis qu’un autre aura besoin d’un câlin, d’une présence ou de paroles pour se rassurer et savoir que ses parents ne l’ont pas abandonné et qu’ils reviendront le chercher.

Nous convenons ensemble d’un temps au bout duquel les parents reviendront, ou téléphoneront à la crèche. (Ils peuvent ainsi se rassurer et nous pouvons, si besoins est, leur demander de revenir auprès de l’enfant si celui-ci accepte mal la séparation.)

 

Les premiers temps à la crèche sans papa ni maman

 

Chaque enfant a son propre rythme d’intégration.

Il faut le respecter, lui laisser le temps nécessaire, en trouvant l’équilibre entre des moments “refuges”, où l’enfant s’isole ou réclame un câlin, et des encouragements à aller vers les activités.

Peu à peu, l’enfant élargit son champ aux autres.

 

Progressivement, et avec la présence du référent, l’enfant découvre le plaisir que lui apporte la compagnie des autres enfants, et les possibilités nouvelles que lui offre la vie en collectivité. Il devient un être social.

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9. Des parents auprès des enfants dans la crèche :

 

Un vrai choix à assumer, celui de la crèche parentale.

 

Il faut se rendre à l’évidence, plusieurs familles ne choisissent pas délibérément la crèche parentale, mais s’y retrouvent par nécessité, parce qu’elles n’ont pas trouvé de place ailleurs, par exemple. D’autres ont fait ce choix, mais sans vraiment se rendre compte de tout ce qu’il implique de responsabilités et de charge de travail.

Il y a donc un premier cap à franchir, qui est de prendre la mesure, avec le temps et l’ouverture d’esprit nécessaires, de ses implications. Nous espérons que la lecture de ce projet éducatif, que le temps du recrutement, que la rencontre, simplement, avec ce lieu et son esprit, y aidera.

Il est indispensable de bien considérer que, dès l’instant ou nous faisons partie de la crèche, elle nous appartient, et nous en sommes partie prenante.

 

Il faut tout de même signaler que le temps que nous passons à la crèche, en permanence, n’est pas un temps essentiellement donné aux enfants ; Il nous incombe tout un travail de ménage, de pliage de linge, de lavage de jouets, de débarrassage de table, de préparation de goûters et autres réjouissances !

Notre présence auprès des enfants ne représente qu’une toute petite partie de notre permanence, les salariés n’ont besoin de nous à ce poste qu’au moment de l’accueil (de 9 h à 10h) et en fin de journée (de 17h30 à 18h30)

 

L’apparente contradiction employeurs/ “stagiaires” auprès des enfants

 

Il est très vite apparu, en réfléchissant avec l’équipe au sens de la présence des parents que, ceux-ci n’étant pas des professionnels – ils ne sont pas formés pour travailler avec un groupe d’enfants –, une bonne façon de considérer leur apport semble être celui de sortes de stagiaires. C’est-à-dire que les parents vont apprendre, à la crèche, à maîtriser de mieux en mieux une situation au départ inconnue. Comme tous les stagiaires, il y a ceux qui sont tout de suite très doués (rares), ceux qui apprennent plus ou moins vite, etc.

En résumé, auprès des enfants, on peut considérer que c’est toujours l’équipe de professionnels qui dirige ; que, si elle ne le fait pas, c’est qu’elle fait semblant !

 

D’un autre côté, les parents sont aussi les “patrons” de la crèche : ce sont eux qui recrutent les salariés, qui gèrent l’association (budget, relations avec les partenaires, toutes décisions internes, etc.).

 

Considérons-nous donc comme responsables, et comme apprentis. Ce n’est en rien évident a priori, mais finalement très vivable.

 

La présence des parents auprès des enfants

 

Pour les enfants, la présence de “papas” et de “mamans” auprès d’eux n’est pas anodine. Il y en a toujours un dans les parages. Celui-ci a sans doute une capacité à se comporter, avec eux, d’une façon certes moins professionnelle, mais peut-être plus tendre, ou plus affective, ou … en tout cas différente.

 

Il y a aussi une ouverture d’esprit des enfants, qui apprennent à connaître tant de papas et de mamans différents, à voir tant d’attitudes différentes de ceux-ci avec leur enfant, à prendre conscience que leur papa ou leur maman va, lui aussi, “faire la permanence” bientôt.

 

Pour les parents, le fait de connaître de façon vécue le déroulement des journées de leur enfant, les copains avec qui il joue, le travail des professionnel, la rencontre, le partage avec d’autres parents, le fait d’approfondir, semaine après semaine, la connaissance et la compréhension des enfants, de pouvoir intervenir directement et simplement dans les aspects pédagogiques de la crèche, apportent une sérénité et une confiance dont on imagine difficilement de se passer une fois qu’on en a profité.

 

Pour l’enfant dont le parent est de permanence

 

Tout l’intérêt et la difficulté de cette présence tournent autour de la notion du parent comme premier éducateur de son enfant.

 

L’enfant n’a bien sûr jamais le même comportement quand son parent est de permanence. Cela peut se traduire de différentes façons : pour l’un, c’est un refus de partager cette relation, pour un autre, c’est une impression d’être au-dessus des lois ce jour-là… Dans tous les cas, la place du parent vis à vis du professionnel, va être la clef de voûte qui va permettre, au parent de garder son rôle de parent, et à l’enfant de profiter petit à petit de “son” papa ou de “sa”maman sans que cela soit pour lui source d’inquiétude ou de provocation perpétuelles.

 

La présence des parents pour les salariés

 

La difficulté, pour les salariés, tient à ces rôles multiples qu’assument les parents dans une crèche parentale : employeurs et administrateurs de la crèche, présents auprès des enfants durant leur permanence, parents d’enfants qu’ils leurs confient.

 

Une équipe de professionnels petite enfance travaille naturellement sous le regard de chacun de ses membres. Chacun apprend à se connaître, une expérience de travail d’équipe naît petit à petit. En crèche parentale, l’originalité, c’est le regard des parents de permanence, leur façon différente d’être avec les enfants et leur intégration dans le travail de l’équipe.

 

Ce qui reste du domaine exclusif des salariés.

 

Les avis, les remarques, les jugements des adultes sur tel ou tel enfant, doivent absolument rester du domaine des professionnels (il semble qu’on puisse, dans une certaine mesure, en exclure les informations qui traduisent ce dont on a été le témoin direct, en permanence par exemple – mais même dans ce domaine a priori objectif, la diplomatie reste de mise.)

 

L’expérience montre que, parfois, même des compliments faits à un autre parent peuvent être pris de travers.

 

Seule la neutralité du professionnel permet, de la part du parent à qui il s’adresse sur sa petite merveille, d’entendre quelque chose qui ne soit pas un crime de lèse chérubin.

Il ne s’agit d’ailleurs pas seulement de neutralité, mais d’écoute approfondie jour après jour, de discussion avec les autres membres de l’équipe, et tout simplement d’expérience.

 

Gardons-nous, parents, d’empiéter sur ce terrain-là. Nous sommes bien incapables de l’arpenter sereinement.

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